En Janvier 2019, nous sommes partis quelques jours dans les Vosges pour nous entraîner à la pratique du ski nordique en tirant la pulka, et pour le plaisir de dormir dans la neige et le froid !

Nous avons passé trois jours à traverser la réserve naturelle de Tanet-Gazon du Faing en faisant une boucle de la Schlucht jusqu'au Lac Blanc. Avec deux jours de tempête et un jour de beau temps, nous avons vu les Vosges sous toutes ses facettes. 

 

Nous avons été assez étonnés de la beauté de l'endroit. On se croyait parfois presque au fin fond du Canada ! Comme quoi il ne faut parfois pas aller très loin pour se être dépaysés dans une nature belle et sauvage.

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En décembre 2018 nous sommes partis dans les Cornouailles (pointe sud-ouest de l'Angleterre) pour nous entraîner au kayak de mer et à ses nombreuses subtilités. Nous avons tout d'abord passé une semaine à Falmouth, où nous avons pratiqué les techniques de sauvetage en mer, le surf et les techniques de débarquement, et nous nous sommes familiarisés aux courants, vagues, marées, etc.

 

Nous sommes ensuite partis de Falmouth pour rejoindre Portreath en passant par Lizard Point et Land's End, en conditions hivernales ! Nous avons alors réalisé 140 km en 7 jours. 7 jours bien remplis et l'occasion de :

- voir bon nombre de phoques, dauphins et oiseaux de mer ;

- nous initier à la cuisine  aux algues de mer ;

- consolider l'esprit d'équipe avec des chouettes soirées sur la plage autour du feu, ou des nuits animées dans les pubs le long de la côte ;

- partager quelques recettes magiques, dont le fameux chocolat chaud au rhum de Gilles ;

- passer par quelques sections de côte avec une mer bien agitée et où nous nous sommes retournés quelques fois ;

- sauver un homme de la noyade (oui oui, histoire véridique ! Nous avons pu mettre notre entraînement en pratique lors du "Boxing Day" où un homme était au bord de la noyade alors qu'un courant de fond l'emportait au large de Kennack Sands...).

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En octobre 2019, nous voilà en partance pour le pays de l’Oncle Sam - l’Amérique, pays de tous les fantasmes et du toujours plus grand. Et tant qu’à voir grand, autant prendre de la hauteur et réaliser le fantasme de tout grimpeur : faire nos armes dans la mecque de l’escalade en « big wall », la fameuse vallée du Yosemite et ses kilomètres de granite déployés à la verticale...

 

Nous voilà donc embarqués pour un mois et demi de … « big wall ». (Plaît-il? Un big wall est une parois dont l'ascension nécessite plusieurs jours, du fait de sa hauteur, plusieurs centaines de mètres, ou de la difficulté de son escalade.) L’objectif ? Nous familiariser avant toute chose avec cette escalade technique, vertigineuse et engagée. Engagée, car les points de sécurités fixés au préalable dans la roche ne sont pas les bienvenus ici au Yosemite. On s’y veut puriste et éthique ! La grimpe se fait donc à l’aide de coinceurs que l’on place dans les fissures pour se sécuriser (on parle d’escalade traditionnelle, ou « trad »). Autant donc être précis dans la pose de ces derniers et espérer qu’ils nous retiendront solidement en cas de chute ! Par la même occasion on apprend aussi à vivre plusieurs jours dans un monde vertical, et à grimper sans relâche - en tentant d’oublier les chaussons qui font mal et le harnais qui coupe la circulation - avec comme seul objectif d’en arriver à bout. Car vous l’aurez deviné, une fois engagé, la seule voie de sortie c’est tout en haut !

 

Ce fut un voyage plein de rebondissements et d’une richesse incroyable tant au niveau de l’apprentissage des différentes techniques et du dépassement de soi, que de notre complicité à deux, car nous avons dû nous serrer les coudes pour outrepasser la fatigue physique, l’appréhension de la chute et l’engagement que ce genre de discipline exige... Les anecdotes sont nombreuses, telle que la chute de Nathan lors de notre première ascension (une belle chute de 20 m sur coinceur dans le noir) et notre push de 25 heures en continu, pour n’en citer qu’une. Que rêver de mieux comme accueil dans la vallée !? Cette première expérience qui nous permettra de nous poser les bonnes questions, pour finalement repousser nos limites bien au-delà de ce qu’on avait pu espérer.

 

L’ascension de « El Capitan » enfin, en 4 jours via sa fameuse et légendaire voie « The Nose » (1000 m), qui nous avait vite semblée irréalisable mais qui, après travail et acharnement, et un tout petit peu de folie, est venue clôturer notre périple de la plus belle des manières.

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Pendant ce mois et demi de voyage aux États-Unis, en plus du Yosemite, nous avons aussi été visiter les déserts de l’Utah et ses magnifiques parois de grès rouge. Plus précisément, nous nous sommes rendu dans le Parc National de Zion, pour y grimper parmi les condors et les cactus. L’objectif était d’une part d’y parfaire nos techniques sur des parois moins hautes, et d’autre part de s’attaquer à des lignes plus dures avant de retourner au Yosemite.

 

Et, on peut le dire, Zion nous a réussi ! Après quelques balbutiements maladroits, notre première belle réussite a été « Monkey Fingers » en 2 jours (7b max de 300 m sur coinceurs) avec en prime une nuit grandiose sur une terrasse naturelle. Ensuite nous nous sommes attaqués à l’ascension à la journée de Moonlight Buttress (7c de 360m considéré comme une des voies les plus dures dans ce type de roche) - une belle performance dont on est fiers vu le niveau de la voie ! 

 

Bref, Zion c’était la belle vie : les belles envolées succédaient aux nuits à la belle étoile sur les terrains vagues et dans le froid glacial du désert (coins appréciés des tarentules nous a-t-on dit après coup!) auxquelles succédaient les énormes plats de nachos ruisselants de cheddar fondu et jalapeños en tous genres. Déserts de l’Ouest, nous reviendront !

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